Keep it blue

… est une histoire qui a commencé en 1999, à moins que ce ne soit en 1994, ou en 1947 ou bien avant…
Bonjour, my name is Jo, Jo Le Guen.
« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme » chante Renaud.
En ce qui me concerne, je peux même rajouter qu’elle ne m’a jamais lâché. Elle n’a pas eu à beaucoup forcer pour y arriver.
Tombé dedans tout petit à Molène, l’île chauve où les touristes allant à Ouessant se disent lors de l’escale du ferry : « Ce serait peut-être bien de s’y arrêter ».
Oui mais…d’un autre côté Molène ne peut pas absorber autant de touristes que sa grande soeur. C’est bien comme ça.
Mon histoire étant racontée dans le livre Dao Dezi que j’ai auto-édité, je ne vais pas vous la raconter ici.
Simplement une piqûre de rappel à propos du noyau dur maritime :
– en 1995 j’ai traversé l’Atlantique à la rame en solitaire des Etats-Unis en Bretagne en 103 jours « Pour les Sauveteurs en mer ».


– en 1996 j’ai raconté cette traversée dans 90 prisons à travers toute la France, ce qui m’a amené à proposer à l’administration pénitentiaire de participer à la première course transatlantique à la rame des Canaries à la Barbade aux Antilles sur un bateau construit par des détenus et avec comme compagnon de galère un détenu en fin de peine pour sensibiliser aux problèmes rencontrés à la sortie de prison.
– en 1997, les planètes étant alignées, Pascal et moi étions le 12 octobre à Tenerife au départ de cette course sur un bateau construit par les détenus longues peines de la maison centrale de Moulins dans l’Allier. 34 bateaux de 10 nations au départ. Nous avons finis seconds après 49 jours de mer. Pour la petite histoire, sur le bateau vainqueur, un néo-zélandais, un des rameurs était policier. C’était sans doute la première fois qu’un détenu s’est acharné à essayer de rattraper un policier. Pas de bol, force est restée à la loi.


– en 1999, après avoir ramé avec les fous de bassan en 1995, avec les pailles-en-queue en 1997, l’idée m’est venue d’aller ramer avec les albatros, les princes planants du Pacifique Sud. Après avoir ramé pour les sauveteurs en mer en 1995, avec et pour les détenus en 1997, il me restait le combat ultime, sensibiliser aux océans, première source de vie de cette planète dont les habitants se soucient peu. L’addition pourrait être salée…
C’est ainsi que je me suis retrouvé à Wellington en Nouvelle-Zélande sur mon magnifique navire, Keep it blue, le 3 février 2000 pour tenter de rejoindre le Cap Horn à la rame. Le sort en a décidé autrement, puisqu’une piqûre d’insecte inconnu dégénéra en infection, l’infection en gangrène. A mi-parcours après deux mois de mer je fus contraint à l’abandon. Je montais sur un des rares cargos de passages en abandonnant mon très cher navire. Débarqué au Chili je fus amputé de 8 orteils. Les deux restants finirent leur vie dans le four de l’hôpital de la Cavale blanche à Brest.


– Pas vraiment guéri du virus de la mer, en 2006 je participais à la course à la rame Rame-Guyane. Après un départ chaotique où mon bateau s’est renversé dans la barre à la sortie du fleuve Sénégal à Saint-Louis au Sénégal (comme son nom l’indique), un courant que je qualifierais de contraire me plaqua dans les mangroves à l’embouchure de l’Amazone. Fin de la course que j’avais entreprise dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007. Mon bateau s’appelait « L’Homme ou le marché ».Victoire du marché par KO. C’est la vie…